A-t-on le droit dans une entreprise d'imposer la prise de température aux salariés ?

La question de la prise de température des personnes entrant dans l’entreprise pendant la période d’épidémie de COVID-19  est délicate et complexe. Elle touche au droit au respect de la vie privée, à la collecte de données de santé, à la restriction des libertés individuelles et collectives, à l'obligation de l'employeur en matière de préservation de la santé, à l’obligation de chaque travailleur de prendre soin de sa santé et de sa sécurité au travail, ainsi que de celle d’autrui...

Avant toute chose, il est conseillé aux employeurs de sensibiliser les salariés sur le fait de surveiller leur santé, de prendre leur température le matin avant de venir travailler et de consulter leur médecin plutôt que de se rendre au travail s'ils sont fiévreux.

Médicalement parlant, il faut préciser que la prise de température ne permet pas de repérer tous les porteurs de virus et ne permet pas d’avoir la certitude qu’une personne « positive » est bien porteuse du virus.

C'est pourquoi les autorités de santé en France ne préconisent pas, à l'heure actuelle, une prise de température systématique. Ainsi dans le "Protocole national pour assurer la santé et la sécurité des salariés en entreprise face à l'épidémide de Covid-19", daté du 31 août 2020, il est stipulé : "En tout état de cause, en l’état des prescriptions sanitaires des autorités publiques, le contrôle de température n’est pas recommandé et a fortiori n’a pas un caractère obligatoire ; le salarié est en droit de le refuser. Si l’employeur, devant ce refus, ne laisse pas le salarié accéder à son poste, il peut être tenu de lui verser le salaire correspondant à la journée de travail perdue."